Le projet de réforme patronale défendu par Macron sur les retraites n’a pas vocation à modifier seulement les paramètres pour augmenter l’âge de départ la retraite, baisser les pensions de retraite… comme les réformes précédentes. Il a pour but d’enterrer le système des retraites par répartition institué en 1945, élaboré par le Conseil National de la Résistance (CNR), avec la création du régime général de la Sécurité sociale.
L’objectif de cette réforme est de supprimer tout ce qui relève de la solidarité nationale et intergénérationnelle où les salariés actifs contribuent selon leurs moyens (cotisations sociales) à financer en temps réel et à l’abri de toute déperdition financière, les pensions des retraités. Système solidaire qui neutralise les aléas de la vie (maladie, maternité…) et ceux liés à la carrière professionnelle (maladie, accident de travail…) en améliorant progressivement la situation des séniors, qui ne sont plus tributaires du dévouement de leurs enfants ou de la charité.

Un choix de société moderne opéré en 1945, où chacun reçoit selon ses besoins sans vivre l’angoisse du lendemain, de la maladie ou de l’accident de travail. Où la retraite n’est plus l’antichambre de la mort. Un choix de société pour qu’une part de la richesse nationale (valeur ajoutée) puisse financer l’accès de tous à la retraite, aux soins, à l’éducation, à la culture, à l’énergie, aux transports…
La réforme Macron conduirait les salariés à financer eux-mêmes (pour ceux qui le pourraient) leur propre retraite et à supporter eux seuls, les aléas de la vie qui peuvent survenir. Les salariés les moins bien lotis (bas salaire, période de chômage, précarité, maladie…) subiront mécaniquement la double peine ; un recul de l’âge de départ à la retraite avec un faible niveau de pension de retraite. Les mieux lotis se dirigeront vers la capitalisation pour le bonheur des fonds de pension et assureurs en tout genre.
Enfin, la réforme vise à déporter le financement de la protection sociale vers l’impôt, en plafonnant le budget alloué aux retraites à 14% du PIB. Opération qui permettrait aux employeurs de récupérer totalement la part de la valeur ajoutée créée par le travail (cotisations sociales patronales) actuellement destinée au financement de la protection sociale.

La réforme Macron, c’est le chacun pour soi, la loi de la jungle, un retour de plus 75 ans en arrière. Une réforme archaïque qu’il faut combattre.

Imposons une réforme sociale améliorant le système par répartition, un système moderne répondant aux enjeux du XXIe siècle. Les moyens existent pour cela, c’est un choix de société !

 

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