Produire là où on vend. Voilà comment les donneurs d’ordres PSA et Renault justifient la construction de leurs usines à l’étranger. Mais qu’en est-il des véhicules fabriqués depuis maintenant plusieurs années en Espagne ou en Europe de l’est. Elles encombrent les camions sur nos autoroutes pour être mises en vente chez les concessionnaires de l’hexagone, donc au marché français. Les choix effectués par les constructeurs pour la production de leurs derniers véhicules parlent d’eux-mêmes. Ils n’ont pas prévu de fabriquer en France les véhicules pourtant destinés au marché français. Ce qui se traduira indubitablement par de nouvelles fermetures de site de production !

Autre exemple de la stratégie financière des constructeurs, le dernier plan de PSA impose aux usines du groupe de se fournir à hauteur de 40% dans des pays low-cost. Ces pièces de sous-traitance seront donc achetées à l’étranger pour être assemblées sur les sites de production du groupe, y-compris ceux situées en France.
Ces stratégies incompréhensibles et totalement contradictoires vont en revanche avoir un résultat commun et parfaitement cohérent avec ce que les constructeurs ont entamé ces dernières années à savoir, la réduction voir la disparition de plusieurs secteurs de la sous-traitance dont celui de l’emboutissage-découpe-assemblage-profilage.

De nombreuses entreprises risquent de fermer voir de se délocaliser. Des réductions de personnel sont également à craindre chez les principaux équipementiers, qui profiteront de l’aubaine pour justifier de nouveaux plans dit «sociaux».

La CGT dénonce l’acharnement des constructeurs et gros équipementiers à faire disparaître des entreprises, des savoir faire et des milliers d’emploi, alors que ces mêmes donneurs d’ordres sont abreuvés d’aides publiques sans jamais avoir de compte à rendre.!
En dehors de la stratégie du toujours plus pour les actionnaires et dirigeants1, PSA a bénéficié de 78 millions d’€ par le biais du CICE et Renault de 135 millions d’euros. Aucunes de ces aides, de ces crédits d’impôt et autres subventions n’ont servit à investir et à moderniser l’outil de travail sur le territoire français. Au contraire ces deux grands groupes investissent à l’étranger avec le soutien sans faille du gouvernement. Pourtant, on connait les conséquences néfastes de ce détournement sur l’emploi.
La CGT demande au gouvernement d’arrêter de fermer les yeux et d’obliger les deux constructeurs français à changer de stratégie pour maintenir l’emploi en France. Même si les entreprises de l’emboutissage travaillent en moyenne entre 25% et 35% pour l’export, la stratégie du produire la où on vend permettrait de retrouver une réelle activité et aurait une incidence directe sur le nombre d’emplois dans nos territoires.

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