Le 3 janvier 2017, la décision du Tribunal de Commerce de Séoul de retenir FINCANTIERI, seul repreneur potentiel de STX France, démontre l’intérêt porté par ce dernier pour un carnet de commandes plein jusqu’en 2026.

Au-delà de cette annonce, des craintes, des interrogations et des menaces réelles se font jour pour le devenir du chantier nazairien, de l’emploi et du développement industriel. En se positionnant sur l’offre de reprise, le groupe FICANTIERI se paye un concurrent direct sur le marché de la Construction Navale.

Ses réelles motivations sont-elles de renforcer sa place de leader européen ou simplement l’élimination d’un concurrent direct ?

Cette concurrence sur certains types de navires civils s’applique aussi à DCNS dans la gamme des navires militaires de surface.

STX France est en excellente santé financière, son ambition nationale ne devrait pas être vouée à un nouveau passage sous actionnariat insatiable. Preuve en est le dernier rapprochement d’un chantier chinois pour construire des paquebots avec FICANTIERI.

Quel a été le positionnement de l’Etat vis-à-vis des intérêts nationaux, dans une filière stratégique en plein essor ?

Que va-t-il en être des centaines d’embauches nécessaires, revendiquées par la CGT et les salariés sur le chantier, afin de palier à la précarité, face à des doublons potentiels sur les mêmes services ?

En l’état, la CGT reste vigilante, très réservée et n’est pas favorable à ce rapprochement, au regard du manque de visibilité pour l’ensemble des salariés des groupes Français et Italiens. Dans ce sens la CGT va rencontrer les syndicats italiens dans les prochains jours et demande à rencontrer le Ministre de l’industrie français pour apporter ses propositions.

Pour la Fédération de la Métallurgie, il est fondamental de profiter de cette situation historique des chantiers navals, pour développer un véritable projet industriel qui garantira un plan d’embauches en CDI ainsi que les savoir-faire. Ne pas y répondre positivement serait un nouveau sabordage d’un fleuron industriel.

En parallèle à cette vente, le groupe breton Brittany Ferries vient de signer une lettre d’intention avec le chantier allemand Flensburger Schiffbau-Gesellschalft, pour construire un Ferry de 185 mètres à propulsion gaz naturel liquéfié (GNL). Il y a fort à parier que ce navire sera construit grâce aux études de STX France, faites en 2014, financées par des aides étatiques et pourrait bénéficier encore de 80 millions d’€ par l’Etat pour appel à projet concernant les navires du futur.

Pourquoi ne pas construire ce navire à Saint-Nazaire et ainsi sortir de la stratégie commerciale du tout paquebot ?

Dans un contexte où la reconquête industrielle mise en avant par la commission européenne avec comme objectif d’atteindre 20% du PIB européen, comment expliquer que l’Etat actionnaire à 33,34% et donc détenteur de la minorité de blocage et majoritaire à DCNS accepte cette décision ?

N’est-il pas temps d’augmenter nos capacités industrielles en construisant de nouveaux chantiers navals pour répondre aux besoins de plus en plus croissants ?

Le choix de l’Etat Français doit reposer sur un vrai projet industriel et social partagé par les salariés. L’industrie navale a démontré qu’elle a un avenir en France. Maintenant c’est au gouvernement de démonter qu’il soutient ses industries.

La responsabilité de l’Etat est de garantir aux chantiers et donc aux salariés et à la population que toutes les commandes engrangées par STX France soient réalisées à Saint-Nazaire et d’imposer un vrai plan industriel pour l’emploi pérenne.

 

COMMUNIQUE DE PRESSE- CGT METALLURGIE – 3 JANVIER 2013