Depuis plusieurs mois, les annonces se succèdent chez Volkswagen. Fermetures d’usines, restructurations, réductions des capacités de production et suppressions massives d’emplois : C’est toute l’industrie automobile européenne qui est placée sous tension.
Si certains scénarios évoquent jusqu’à 100 000 emplois menacés dans le groupe et sa chaîne de sous traitance, ce sont bien davantage de familles, de territoires et d’entreprises qui risquent d’être frappés par une nouvelle vague de désindustrialisation.
Pour la CGT Métallurgie, ces choix ne sont pas une fatalité. Ils sont le résultat de décisions stratégiques prises depuis des années.
Une industrie sacrifiée sur l’autel de la finance
Pendant que les salariés amélioraient la productivité, acceptaient les réorganisations et faisaient face à une pression toujours plus forte, les grands groupes automobiles ont privilégié une logique financière de court terme.
Des milliards d’euros ont été consacrés aux dividendes, aux rachats d’actions au service de la rémunération des actionnaires, alors que les investissements dans les sites industriels, la recherche, la formation et l’anticipation des mutations technologiques n’ont pas été à la hauteur des enjeux.
Aujourd’hui, les dirigeants qui ont organisé cette stratégie voudraient faire croire que les licenciements seraient inévitables.
La CGT dit non !
La transition écologique ne doit pas devenir un prétexte à la casse sociale
La transition vers le véhicule électrique est indispensable pour répondre aux enjeux climatiques. Elle ne doit pas servir de couverture à une politique d’augmentation des marges.
Le passage à de nouvelles technologies aurait dû être préparé depuis longtemps avec des investissements industriels massifs :
• La montée en qualification des salariés ;
• Le développement d’une filière européenne des batteries ;
• La relocalisation des productions stratégiques ;
• La sécurisation des approvisionnements en composants.
Au lieu de cela, trop de décisions ont été guidées par la rentabilité immédiate.
L’Europe paie l’absence d’une véritable politique industrielle
Face à la Chine, qui investit massivement dans toute la chaîne de valeur automobile, l’Europe est restée prisonnière d’une vision où la concurrence entre États et entre salariés remplace la coopération industrielle.
Les conséquences sont connues :
• Dépendance aux batteries importées ;
• Fragilité des chaînes d’approvisionnements ;
• Retard dans certaines technologies ;
• Mise en concurrence permanente des sites européens ;
• Nivellement vers le bas des normes sociales ;
• Fermeture progressive d’outils industriels pourtant performants ;
• Disparition de qualifications.
Cette situation n’est pas seulement la responsabilité des directions des grands groupes. Elle est aussi le résultat d’un manque de vision industrielle à l’échelle européenne.
Toute la filière est touchée
Derrière chaque emploi supprimé chez un constructeur, ce sont plusieurs emplois qui sont menacés chez les équipementiers, les sous-traitants, les fonderies, la sidérurgie, la plasturgie, la maintenance, la logistique, les bureaux d’études et les PME industrielles.
La métallurgie est directement concernée.
Des milliers d’emplois qualifiés, des savoir-faire parfois uniques et des décennies d’expérience risquent de disparaître.
Une usine qui ferme, ce ne sont pas seulement des machines qui s’arrêtent, mais c’est toute l’activité économique et sociale d’un bassin de vie qui subit les dégâts de ces décisions financières. Des collectivités qui perdent leurs ressources. Des services publics fragilisés. Une souveraineté industrielle qui recule.
L’argent existe !
On nous répète qu’il n’y aurait plus les moyens de maintenir l’emploi.
Pourtant, les grands groupes automobiles continuent d’investir des milliards d’euros dans leur développement international, sous forme de croissance externe ainsi que dans la rémunération du capital.
L’argent existe, mais la question fondamentale réside dans le fait de s’interroger sur : Qui décide de son utilisation ?
Les salariés qui créent les richesses ou les marchés financiers qui exigent toujours plus de rentabilité ?
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