Monstre sacré du cinéma français, l’acteur Jean-Paul Belmondo est décédé le 6 septembre dernier. Parmi les très nombreux hommages qui ont été rendu, rares ont été ceux qui ont rappelés que « Bebel » est tout au long de sa carrière resté fidèle à ses valeurs et à ses engagements syndicaux. Qui se souvient en effet qu’il a été le président du syndicat français des acteurs (SFA) affilié à la CGT de 1963 à 1966 ? C’est à ce titre qu’il fait la une de La Vie ouvrière du 2 décembre 1964, dans lequel figure une longue enquête sur le SFA et de nombreux entretiens avec, entre autres, Raymond Bussières, Claude Vinci, Nicole Courcel, Michel Piccoli.

On se souvient encore moins que Jean-Paul Belmondo a débuté sa carrière cinématographique en 1957 dans Les copains du dimanche, avoir été repéré par le réalisateur Henri Aisner à qui l’on doit une adaptation en 1949 du roman Le Mystère de la chambre jaune avec Serge Reggiani dans le rôle du célèbre Rouletabille. Ce long-métrage, financé par la CGT, présente une réalisation des métallurgistes de la région parisienne, l’Aéroclub-central des métallurgistes (ACCM), un club d’aviation populaire créé en 1955 et implanté non loin d’une autre propriété des métallurgistes parisiens, le parc de loisirs et de culture Henri-Gautier de Baillet-en-France. L’objectif de ce film est de promouvoir les réalisations des comités d’entreprise qui participe au fonctionnement de l’aéro-club et de mettre en avant l’unité syndicale, dans un contexte marqué par la Guerre froide et l’intervention soviétique à Budapest en Hongrie. Longtemps resté confidentiel en raison du refus des réseaux de distribution de diffuser le film en salle de cinéma, celui-ci a toutefois permis à Jean-Paul Belmondo d’être repéré et de poursuivre la carrière que nous connaissons comme À bout de souffle (1960), Léon Morin, prêtre (1961), Un singe en hiver (1962), L’Homme de Rio (1964), Cent Mille Dollars au soleil (1964), Borsalino (1970), Le Casse (1971), Le Magnifique (1973), Le Professionnel (1981) ou encore Hold-up (1985).

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil à la biographie de Jean-Paul Belmondo sur le site internet du Maitron (https://maitron.fr/spip.php?article16181) ou encore à lire l’ouvrage passionnant paru en 2018 aux éditions de l’Atelier sous la direction de l’historien du cinéma Tangui Perron, L’écran rouge. Syndicalisme et cinéma de Gabin à Belmondo.